お知らせ

Le monde des masques : Masqizm

仮面
Masque de Matarajin (époque de Kamakura)

« Un masque est un instrument pour dire la vérité. »

Porter le masque nō « Yase‑otoko »
●Que signifie le « visage » pour l’être humain ?

« Les êtres humains ne peuvent jamais imaginer une personne sans penser à son visage. Même lorsqu’ils utilisent un moyen purement verbal, comme une lettre, ils imaginent inconsciemment le visage de leur interlocuteur. »

« La sculpture de portrait et la peinture de portrait ramènent toute l’expression au seul visage. Le “masque” en est la cristallisation ultime de cette approche. »

Masque indonésien
●La sculpture est statique ; le masque est dynamique

« Un masque absorbe en lui le corps et les mouvements de l’acteur qui le porte et l’anime. L’expression du corps devient alors l’expression du masque. À l’origine, un masque est créé en retranchant du corps humain les membres et la tête, pour ne laisser que le visage. Pourtant, ce même masque finit par retrouver un corps. Si la représentation d’une personne peut être condensée dans le seul visage, celui‑ci possède en lui le pouvoir intrinsèque de recréer librement les membres et le corps. »

Masque rituel africain
●La transformation des pratiques magiques, religieuses et rituelles en art dramatique

« Les masques étaient indispensables pour la chorégraphie des rituels religieux et pour représenter des personnages spécifiques. Peu à peu, ces mouvements rituels se sont transformés en art dramatique ; à mesure que les personnages se complexifiaient, les types de masques se sont diversifiés. »

« Dans le concept du costume masqué, la relation entre le divin et l’humain est absolue : dès qu’une personne met un masque, elle devient un dieu. Cela définit une société où humains et esprits coopèrent pour maintenir l’ordre du monde — une société magique plutôt que strictement religieuse. »

« Le concept de la coque extérieure : la mue et le manteau céleste (Hagoromo) »

« Les légendes du manteau céleste à travers le monde : si l’on retire le manteau céleste, l’être n’est plus qu’un simple humain. »

« Le mythe de la mue : dans les temps anciens, les humains, comme les serpents, changeaient de peau pour se rajeunir. Les serpents, toutefois, étaient limités à une seule vie. Mais après avoir perdu un pari, les humains devinrent mortels, tandis que les serpents acquirent la capacité de muer et de retrouver leur jeunesse. »

Masque polynésien
●Classification des masques

« Les masques portés sur le visage, les masquettes portées au‑dessus ou au‑dessous de la tête, et les mascoïdes utilisés pour orner les pignons des bâtiments. »

Masques de chasse (狩猟仮面)

« Les humains se sont d’abord tenus comme chasseurs, se déguisant pour approcher leur proie. De ces pratiques sont ensuite nées des danses solennelles, magico‑religieuses, ainsi que des performances rituelles liées à la chasse, fondées sur la croyance que ces actes garantissaient une prise réussie. » Exemples : danse du bison des Mandans, statues rituelles des îles du détroit de Torres placées sur les navires, masques de chasse de Côte d’Ivoire.

Masques totémiques (トーテム仮面)

« Les animaux, les plantes et les arbres sont des créations liées à la genèse du monde ; ils sont les ancêtres et l’origine de l’humanité. Un lien magique ou religieux unit l’être humain à son totem, dont il recherche la protection. Appartenant à la même lignée, il est interdit de consommer le totem. Les symboles totémiques sont peints sur les armes et sur le corps. Les humains respectent ces animaux et ces plantes, cherchant à préserver et à développer leur espèce (origine du pastoralisme et de la culture végétale).Dans le rituel Intichiuma d’Australie, on croyait qu’en mangeant la chair et en buvant le sang de l’animal totem, l’individu s’unissait à celui‑ci. (Cette pratique a évolué vers l’Eucharistie, où le pain remplaça la chair et le vin le sang.) Les membres d’un même totem ne peuvent avoir de relations sexuelles entre eux. » Exemples : Amérique du Nord, Australie, tribus dravidiennes de l’Inde, tribus bantoues d’Afrique, masques de Côte d’Ivoire.

Masques de démons et d’esprits (妖魔仮面)

« Masques utilisés pour l’exorcisme des esprits malfaisants. » Exemples : Congo, Nouvelle‑Guinée, Esquimaux, Amérique du Nord, masques démoniaques de la pseudo‑société secrète des Sénécas.

Masques médicinaux ou thérapeutiques (医術仮面)

« Le guérisseur porte un masque imitant les compagnons du démon de la maladie et danse de manière humoristique pour attirer celui‑ci hors du corps du patient et le transférer dans une nouvelle demeure — son propre corps. Le guérisseur se rend ensuite à la périphérie du village, entre dans un état de mort apparente, puis expulse l’esprit maléfique. » Exemples : Bornéo, Arizona, Bouriates de Sibérie, masques birmans utilisés lors d’épidémies.

Masques funéraires ou de deuil (追悼仮面)

« Ils incarnent le retour de l’esprit du défunt. » Exemples : Nouvelle‑Irlande, archipel Bismarck, Bougainville/Buka.

Masques‑crânes (頭蓋骨仮面)

« Le pouvoir spirituel d’un chamane ou d’un chef de guerre défunt est conservé dans le crâne. » Exemples : Nouvelle‑Guinée, détroit de Torres, Nouvelle‑Bretagne, îles Andaman dans la baie du Bengale, masques‑crânes du Mexique.

Masques spirituels (霊的仮面)

« Chercher les esprits dans les arbres ou solliciter les bienfaits des morts. » Exemples : Mexique, Inde, masques spirituels symboliques de Nouvelle‑Bretagne.

Masques de guerre (戦争仮面)

« Ils ne servent pas seulement à terrifier l’ennemi, mais à incarner une puissance surhumaine dans le bouclier, le casque ou le masque. » Exemples : Nouvelle‑Bretagne, masques de danse militaire de Colombie‑Britannique.

Masques d’initiation (入會仮面)

« Utilisés lors de l’initiation aux sociétés secrètes, rites de passage réservés aux hommes. Les rituels comprennent :

  1. Jeûne, maîtrise de la peur et de la douleur.
  2. Circoncision, extraction de dents.
  3. Enseignement des règles matrimoniales de la tribu.
  4. Danses dramatiques secrètes liées aux traditions tribales. » Exemples : Amérique du Nord, Afrique de l’Ouest, Polynésie, Mélanésie, Nouvelle‑Guinée, détroit de Torres, peuples autochtones d’Amérique, Congo.

Masques pour appeler la pluie (雨乞仮面)

« Ils impliquent des mouvements symboliques, des dialogues, des chants et des danses. » Exemples : Zunis d’Amérique du Nord.

Masques de carnaval (謝肉祭仮面)

« Une histoire plus sombre : sous la protection et l’anonymat du masque, les gens effrayaient les autres, dérobaient des biens dans le voisinage et se livraient à des comportements violents et anarchiques dans les rues. » Exemples : contreforts des Alpes, Europe ; masques de divinités maléfiques.

コメント

Titre et URL copiés